Seine-Saint-Denis : la dette éducative de madame Pécresse

yannick Trigance | 20 Février 2021

En Seine-Saint-Denis comme partout en Ile-de-France, le bilan de Valérie Pécresse et sa majorité de droite en ce qui concerne nos lycées et nos universités se résume à un « mandat pour rien ».

Les élèves de notre département doivent étudier dans des conditions de plus en plus difficiles… avec de moins en moins de moyens déployés par la Région.

Depuis 5 ans, en tout point de notre département, la politique de soutien à la vie étudiante a été abandonnée par Valérie Pécresse alors que la précarité étudiante n’a jamais été aussi forte en Île-de-France.

La majorité régionale de droite a réduit le budget de l’ESR de 25%, a orienté son soutien à l’innovation, au détriment de la condition des étudiants et de la recherche fondamentale et a multiplié les dispositifs favorisant les grandes écoles (cordées de la réussite) ou encore les bourses au mérite.

Et malgré son « poids » politique, Valérie Pécresse a systématiquement refusé d’intervenir auprès du Ministre Blanquer pour exiger les moyens nécessaires à la réussite de nos lycéens et demander l’arrêt des suppressions de postes dans nos collèges et nos lycées.

Enfin, il faut noter que la Région Île-de-France a perdu la bataille sur les CFA, sans jamais dénoncer avec assez de vigueur le transfert des CFA aux branches professionnelles, au détriment d’un apprentissage de qualité tourné vers les filières d’avenir. L’objectif de 100 000 apprentis par an n’a pas été tenu.

 

Une situation de plus en plus tendue dans nos 124 lycées séquano-dyonisiens et nos 2 universités :

 

  • Dotation Globale de Fonctionnement: 20€ en moins par élève et par an dans le budget des lycées de Seine-Saint-Denis depuis le début de la mandature. C’est la réalité budgétaire de la Région qui fait des économies sur le dos des jeunes franciliens.

 

  • Sécurité dans les établissements scolaires : elle se résume à des brigades régionales de sécurité dont l’efficacité reste à démontrer. Aucune politique de prévention, de désamorçage des conflits. Les médiateurs ont disparu des lycées. Les promesses démagogiques de « portiques de sécurité » et de « tests salivaires cannabiques » ont été impossibles à mettre en place.

 

  • Décrochage scolaire : l’actuelle majorité s’est contentée de traiter cette problématique majeure sous la seule forme d’une plateforme téléphonique.

 

  • Numérique: la distribution improvisée de tablettes numériques à une grande partie des élèves, pour le dispositif « lycées 100% numérique » à la rentrée 2019 a été une catastrophe industrielle. Elles étaient censées remplacer les manuels papiers. Faute de formation des élèves et des équipes, de prises électriques, de réflexion sur les usages pédagogiques, elles prennent la poussière. Elles se sont également révélées inadaptées au travail durant le confinement. C’est plus de 180M€ d’argent public gâché. La majorité procède graduellement à son remplacement par des ordinateurs.

 

  • Restauration scolaire : face à la crise sanitaire, et alors que de très nombreux lycéens de Seine-Saint-Denis bénéficiaient le midi d’un repas équilibré , aucun enseignement n’a été tiré à l’issue du premier confinement par l’actuelle majorité qui a fait preuve d’un manque d’anticipation dans l’organisation et la gestion de la restauration.

 

  • Priorité au privé: la Chambre régionale des comptes dans son rapport de mars 2020 a dénoncé l’importante part dédiée au financement des établissements privés par la Région Île-de-France, il a plus que doublé dans la mandature, alors que les établissements publics sont dans le besoin.  Entre 2016 et 2020, les financements à la rénovation des lycées privés (soit des opérations de valorisation de patrimoine privé) se chiffrent à 30M€.

 

  • Universités et étudiants: les opérations du CPER pour nos universités sont en retard mais aucun bilan n’a été encore réalisé. La majorité régionale a abandonné le soutien au logement étudiant avec un désengagement de 60M€ soit environ 8 000 logements en moins depuis 2016.Dans notre département, la situation locative de nos étudiants s’est chaque année aggravée.

 

  • Missions locales : passerelle importante pour les décrocheurs, leur budget a été diminué de 20M€ sur 5 ans, frappant très lourdement les jeunes de notre département.

 

 

Au final, face à ce bilan de régression éducative, nos lycéens de Seine-Saint-Denis, nos chefs d’établissements, nos enseignants, les parents et au-delà, l’ensemble des membres de la communauté éducative de notre département ont besoin de perspectives qui placent l’éducation, la réussite et l’excellence pour tous au cœur des priorités de l’institution régionale et de ses responsables: c’est tout le sens de notre engagement.

yannick Trigance

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