1,5 million de personnes concernées - Comprendre la situation des parents isolés

23 Janvier 2021

En 2018, les familles monoparentales représentent une population de 1 544 000 personnes en Ile-de-France, soit 13% de la population totale (600 000 ménages). 80% des ménages sont composés de femmes, même si la part d’hommes augmente légèrement en Ile-de-France.

  • 20% de familles monoparentales : En Île-de-France, la part des enfants vivant dans des familles monoparentales est plus importante à Paris (22,5 %) et en petite couronne (22,1 %). 
  • Plus les enfants sont âgés, plus ils appartiennent à une famille recomposée ou monoparentale du fait des ruptures et des éventuelles remises en couple des parents. 
  • On estime à 15% la mobilité annuelle dans les familles monoparentales (séparations et recompositions de famille). L’ancienneté moyenne dans la situation de monoparentalité est de 5,5 ans.
  • Une famille monoparentale sur deux vit en logement social. Et une famille monoparentale sur deux est dans une situation de sur-occupation du logement. 
  • 35% des familles monoparentales vit en dessous du seuil de pauvreté
  • Le niveau de vie des familles monoparentales franciliennes est inférieur de 28 % à celui des couples avec enfant(s). La moitié des familles monoparentales franciliennes dispose d'un niveau de vie inférieur à 1 400 € par mois.

Les familles monoparentales sont deux fois plus sujettes au chômage et seulement 45% des mères isolées sont à temps complet. A contrario, les emplois courts et précaires sont surreprésentés.

  • Un tiers des mères de familles « monoparentales » ont un diplôme supérieur au baccalauréat contre la moitié des femmes appartenant à une famille « traditionnelle ».
  • Un isolement social avéré du fait de l’enchaînement des activités maternelles et professionnelles, parfois sans répit > risques psycho-sociaux.
  • Le risque de violences et de féminicides au moment de la séparation (34% des féminicides ont lieu lors d’une séparation – toute population confondue).

DES POLITIQUES PUBLIQUES AUJOURD’HUI INCAPABLES DE REPONDRE A CET ENJEU DE SOCIETE MAJEUR TANT SUR LE PLAN DE L’EGALITE REELLE QU’EN MATIERE ECONOMIQUE ET SOCIAL

La question de la monoparentalité est beaucoup plus en visibilité depuis une dizaine d’années, le nombre de familles monoparentales a doublé depuis les années 1990.

Alors que la monoparentalité était il y a encore une génération vue comme « contre-nature », ou à tout le moins anormal, elle tend à devenir une norme ou du moins à s’affirmer dans la statistique comme un mode de vie, certes subie dans la quasi-totalité des cas.
Cela renvoie à la conception même des politiques publiques en France, et ceci à toutes les échelles, dans la mesure où ces dernières ont été historiquement conçues pour s’inscrire dans un modèle social inconscient très clair : celui de la famille traditionnelle composée de deux parents, au sein de laquelle par ailleurs la mère ne travaille pas ou ne travaille qu’à temps partiel. Si ce « modèle de société » n’a plus court aujourd’hui ou du moins connait une régression notable, ce sont l’ensemble des politiques publiques sociales, en particulier en direction des enfants, de la parentalité et du travail féminin, qu’il convient de réinterroger. Si l’aide financière est nécessaire, elle n’est pas suffisante pour préparer l’avenir des familles monoparentales.

Sous le quinquennat Hollande, le revenu d’activité et un accès au logement ont été des avancées pour améliorer le quotidien de ces familles.
Le quinquennat Macron a poursuivi ces actions pour achever de garantir le paiement des pensions alimentaires.

Au surplus, des départements et des communes, de plus en plus sensibilisés à cette problématique de par leurs compétences en matière de politiques publiques, ont pris un certain nombre d’initiatives : associations monoparentales, aide à la garde d’enfant pour parent isolé, création de Points d’accueil famille, dispositif « Paris Logement familles monoparentales » dans la capitale, réservation de logement dans les programmes foyers de jeunes travailleurs (Gironde).

De même, les Régions ont pu prendre quelques initiatives :
- Région Occitanie : aide pour partir en vacances
- Région Hauts de France : aide de 30 euros pour la garde d’enfants
- Région Grand Est : Fonds régional d’incitation pour la formation – aide pour la garde d’enfant (80 à 100 euros par mois) – Charte égalité femmes / hommes –Bourses formations sanitaire et social (points supplémentaire pour attribution)