Hauts de Seine : les transports dans ma vie, les transports de ma vie

Eva Linares-Cruz | 04 Février 2021

Aujourd’hui, les questions de mobilité sont omniprésentes dans nos vies, que ce soit pour nous déplacer pour des raisons professionnelles, de loisirs ou pour l’acheminement des marchandises de notre quotidien.

En quelques chiffres, les transports dans le 92, ce sont 44 gares de transiliens, 22 stations de métro, 13 stations de tramway et 19 stations de RER. Le port de Gennevilliers est le premier port de l’Ile-de-France et le premier port fluvial français ! La prolongation de la ligne 12 et le lancement de la ligne 15 sont en cours.

Le corollaire de ce dynamisme devrait être un système de transports robuste et cohérent, un lieu de bien-être et de sécurité pour l’ensemble des altoséquanais. Lors de notre atelier, nous avons, cependant, mis en lumière des problématiques multiples. Ainsi, au regard de la densité du département et des déplacements quotidiens entre les bassins de vie et les bassins d’emplois, la proposition de transports n’est pas suffisante par rapport à la demande. Dans les transports en commun, cela entraîne une surpopulation aux heures de pointe voire une hausse des incivilités. La ligne 13 a même été surnommée la ligne de l’enfer ou encore le purgatoire ! Mais c’est aussi une réalité pour les axes routiers, et notamment le périphérique ouest, l’A86 ou la N118. Par ailleurs, l’accessibilité des transports aux personnes en situation de handicap est encore loin d’être une réalité.

L’enjeu des politiques publiques régionales est de taille puisque la perspective écologique nous impose d’envisager une baisse significative de la production de carbone tandis que la perspective sociale et démocratique nous oblige à répondre à une demande quotidienne de transports, qui plus est des transports vivables et humanisés. 

C’est à l’aune de ces constats et de ces considérations politiques que nous avons entamé nos réflexions. Nous avons interrogé notre relation aux transports. En effet se poser la question de quel transport pour quelle distance, ou du transport individuel ou collectif, nous a semblé un prérequis indispensable pour penser l'amélioration de la mobilité dans notre département. Dès lors, nous avons envisagé plusieurs axes de réponses.

L’alignement des horaires des métros, des RER et des trains de banlieue le week-end tout en systématisant les arrêts à la demande sur les bus de nuit permettrait d’améliorer l’offre, et ainsi de ne plus systématiquement opposer Paris et banlieue, tout en gagnant en sécurité.

L’utilisation de vélos et de vélos électriques, la multiplication de bornes Vélib ainsi que la relance de l’Auto-partage dans le département sont des solutions qui allient écologie (diminution de la production de carbone), économie ( diminution du coût des transports) et sport-santé. Elles se combinent à l’aménagement d’un plan vélo-voiture qui doit se faire sur la durée et en concertation avec les communes, les départements voire même les régions limitrophes afin d’en garantir la pérennité. Finalement, elles s’accompagnent d’une sensibilisation quant à l’intérêt de leur utilisation, notamment dans les lycées.

Le développement du PAM 92-78 ainsi que la réelle mise en place de transports accessibles à toute personne en situation de handicap (ascenseurs qui fonctionnent, places handicapés viables), en concertation avec les personnes concernées et les associations, permettraient de rendre notre territoire inclusif dans les faits. 

La relance de la batellerie (bateaux-bus et fret) ne peut être un axe négligé. C’est une possibilité de désengorgement des voies terrestres, et donc mécaniquement de baisse des émissions carbones. Cet axe de réflexion est indissociable du devenir du port de Gennevilliers et donc du projet de port d’Achères dans le 78 (voir à cet égard le billet sur l'aménagement de la Seine)

Finalement, l’intermodalité, c'est-à-dire l’utilisation de plusieurs modes de transports lors d’un même déplacement, est une solution qui correspond bien aux enjeux de mobilités dans les Hauts-de-Seine. Cela implique néanmoins la mise en place de plateformes intermodales adaptées, avec des parkings sécurisés pour les vélos ou les trottinettes.

En conclusion, la nécessaire déclinaison d’alternatives décarbonées doit se combiner à un renforcement du maillage territorial et une amélioration du bien-être au quotidien. Ce triple enjeu, exigeant mais nécessaire, oblige les politiques publiques à innover. Cela ne doit cependant pas se faire sans la consultation et l’implication des usagers.