Les mauvais coups portés par la Région à Paris

Stéphanie Veneziano | 22 Janvier 2021

Au cours des 5 dernières années, le mauvais bilan de Mme Pecresse au niveau régional s’est doublé à Paris d’une série d’attaques très ciblées. Ci-après, quelques uns des mauvais coups portés à Paris depuis 2015.

 

- Un combat acharné contre la piétonisation des voies sur berges

Le projet de piétonisation des voies sur berges a été la plus emblématique des batailles politiques de la Région contre Paris. 130 000 euros d'argent public ont été investis par Mme Pecresse pour financer des recours juridiques qui n'ont produit aucun résultat. La Région aurait été mieux inspirée d'accompagner le projet en mobilisant sa compétence transports.

 

- Mme Pecresse soutient coûte que coûte le projet très contesté de la gare du Nord

Mme Pecresse a pris le contre-pied de la Ville de Paris, en réaffirmant son soutien au projet très contesté de la gare du Nord. Ne retenant ni les alertes des experts, ni les inquiétudes des riverains de la gare du Nord, ni les intérêts des usagers des transports et de la gare, elle a indiqué clairement son refus d'un projet plus équilibré.

 

- Pas de lycée neuf pour le 12e arrondissement

Le nouveau lycée Paul Valéry aurait dû accueillir ses premiers élèves en septembre 2019… Mais la reconstruction de cet établissement particulièrement vétuste, n'a pas démarré comme prévu en 2016, empêchée par la nouvelle majorité régionale, dans un double objectif des plus cyniques : priver Paris d'un lycée neuf et bloquer la réalisation du projet urbain parallèlement porté par la Ville (un nouveau collège, une crèche et des logements étudiants). Dans des conditions extrêmement dégradées, les lycéens, les collégiens et les équipes éducatives continuent aujourd'hui de cohabiter dans la barre vétuste de la cité scolaire Paul Valéry.

 

- 2017 = Année blanche pour le logement à Paris et dans les 131 communes de la Métropole

Tout au long de l'année 2017, l'Exécutif régional s'est désengagé du financement du logement social à Paris et dans l'ensemble des 131 communes du Grand Paris, prétextant que la Métropole devait prendre le relais. Seuls 9 logements ont été financés par la Région en 2017 à Paris, quand la Ville poursuivait son objectif annuel de 7000 ! Sous la pression, la reprise du financement est intervenue en 2018 mais sans rattrapage de cette « année blanche », avec seulement 143 logements financés en 2018 et 305 en 2019.

 

- Contre le rétablissement de l'encadrement des loyers dans le secteur privé

La majorité régionale s'est également prononcée contre le rétablissement du dispositif d'encadrement des loyers du secteur privé à Paris et dans l'ensemble de la zone dense. - Hébergement d’urgence, résorption des bidonvilles, accueil des migrants : ne comptez pas sur la Région ! Dès son premier budget en 2016, la majorité régionale a supprimé près de 12 millions d'euros d’aides aux centres d’accueil et d’hébergement pour personnes sans abri, se désengageant complètement de la lutte contre l'exclusion. Les politiques en direction des gens du voyage ou d’aide à la résorption des bidonvilles ont également disparu. Le plan exceptionnel pour l’accueil et l’hébergement des réfugiés mis en place par le précédent Exécutif (1,8 millions d'euros) a été lui aussi abandonné. La nouvelle majorité s’est enfin empressée de supprimer l’aide aux transports pour les bénéficiaires de l’Aide Médicale d’État, avant de se voir imposer son rétablissement par décision de justice. En matière d'hébergement d'urgence, Mme Pecresse ne se mobilise in fine que très ponctuellement, pour des opérations de communication bien organisées : une maigrelette aide de 100 000 euros rétablie au moment du plan grand froid (sur un budget de près de 5 milliards d'euros…), l'ouverture d'un centre hébergement pour quelques mois et tardivement dans l'ancien siège de la Région du boulevard des Invalides, le projet d'ouvrir un nouveau centre d'hébergement dans les locaux du lycée Lazare Ponticelli sans aucune concertation locale, alors que le 13e figure déjà parmi les territoires les plus solidaires...

 

- La guerre déclarée aux acteurs culturels parisiens

Mme Pecresse et sa vice-présidente en charge de la culture jusqu'en 2019, pourtant élue parisienne, ont débuté leur mandat en affichant comme objectif prioritaire le fait de baisser les subventions aux acteurs culturels implantés à Paris et en Seine-Saint-Denis.

 

- Le désengagement massif de la Politique de la Ville et du soutien aux associations de quartier

Entre 2015 et 2019, les crédits mobilisés en faveur des associations qui font le lien social dans les quartiers populaires parisiens ont vertigineusement chuté à 50 000 € ! Les activités de soutien scolaire, d’insertion des jeunes, d’aide à la parentalité, etc. menées en proximité ne sont plus soutenues par la Région.

Stéphanie Veneziano

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Conseillère régionale d'Île-de-France