Mémoires, Histoire, patrimoine à Paris

Jonathan Kienzlen | 02 Février 2021

Dans un pays de tradition centralisée, Paris est riche d’un riche d’un patrimoine qui fait sa renommée internationale et qui constitue un des éléments du rayonnement de la France tant sur le plan culinaire, que sur le plan culturel, touristique, historique et politique.

Il y a une mémoire parisienne de ce patrimoine qui s’inscrit dans des lieux connus mondialement, théâtres d’événements qui ont marqué le monde et qui demeurent des références pour tous.

De l’antique Lutèce de l’époque gallo-romaine, il demeure des arènes. Du Moyen-Âge, de nombreux vestiges du temps où Paris s’imposait comme la capitale d’un royaume de France dont le territoire initial se constitua autour de Paris en Ile-de-France, puis, progressivement au-delà.

De ces temps médiévaux, il reste quelques vieux immeubles et des rues dont l’étroitesse permet de devenir, dans l’île de la Cité, l’île Saint-Louis ou le Marais et le Quartier latin, le fourmillement des marchands et des échoppes d’un Paris ouvrier et artisanal qui fut aussi un Paris du savoir avec la Sorbonne.

Mais c’est surtout sa majestueuse cathédrale Notre-Dame qui est le joyau de ces temps où la France était « la fille aînée de l’Eglise » que l’on retient. L’incendie qui la frappa récemment rappela à tout ce patrimoine immortel qui parle à tous.

Paris s’est agrandie par la conquête des faubourgs avoisinants comme son Histoire s’est racontée par la conquête de bâtiments par la foule parisienne, frondeuse et grondeuse qui fi fuir bien des ennemis – les Normands apparus sur la Seine, mais aussi des rois trop faibles.

Bien que les rois ou des empereurs y ont siégé en leur palais du Louvre ou des Tuileries, c’est de nombreuses révolutions dont Paris accoucha.

La prison de la Bastille fut prise d’assaut un certain 14 juillet 1789 qui fut le déclencheur d’une révolution qui ébranla le monde.

C’est au Champ de Mars que fut célébrée la première fête nationale. Plus loins, la future Place de la Concorde en vit tomber des têtes tandis que les sections parisiennes du jeune département de la Seine animèrent la premier République !

Sous l’Empire, Napoléon perça des avenues et érigea des monuments qui devaient marquer son empreinte : l’Arc de triomphe s’ouvre sur « la plus belle avenue du monde » les Champs Elysées, et porte la mémoire des batailles napoléoniennes dans un secteur où le pouvoir a fini par s’installer : le palais de l’Elysée et le Palais Bourbon non loin des Invalides où l’empereur voulait soigner ses soldats.

La retraite de Russie vit l’arrivée des Cosaques qui laissèrent à Paris ses bistrots…

Tandis que le quartier latin abrite les universités parisiennes, dont les étudiants peuvent, depuis longtemps flâner au Luxembourg, non loin du Sénat…

L’Hôtel de Ville vit renaître la République quelques mois après que plus au nord, à Belleville, Gambetta lança son programme. Il y a deux cents ans, c’est ce nord est parisien qui fut le siège des dernières grandes journées révolutionnaires, celles de la Commune où, de Ménilmontant ou de Montmartre où le Sacré Cœur domine Paris comme monument expiatoire après la Commune dans les caves desquels furent composées les paroles de l’Internationale et dont le Mur des Fédérés au Cimetière du Père Lachaise conserve la mémoire.

Les transformations du Baron Haussmann sensées interdire les barricades n’avaient pas empêché le peuple de Paris de se soulever une fois de plus.

La modernité de Paris c’est aussi cette Tour Eiffel et ce Palais de Chaillot érigés lors d’expositions universelles très fréquentées.

Ces musées où on vient du monde entier voir la Joconde, les sculptures de Rodin ou les impressionnistes au Musée d’Orsay.

Le Paris ouvrier n’a pas disparu avec la Commune, au contraire, il en a gardé la mémoire. Il défile de la République à la Nation, via Bastille.

Cours de Vincennes où la gauche décida de s’unir contre le fascisme, ce qui allait déboucher sur le Front populaire.

Ce Paris ouvrier c’est aussi le Paris des immigrés dont ceux venus d’Italie importeraient la baguette sans laquel, le « jambon beurre », typiquement « parigot » n’existerait jamais, eu ceux venus d’Afrique du nord viendraient avec leur couscous.

Quelques années avant, l’Exposition coloniale magnifiait l’Empire, mais souilla le pays des Lumières de ses zoos humains.

Dans le 15e, rue Blomet, le Bal nègre faisait danser le tout Paris aux rythmes de la biguine de Antilles.

La Mosquée de Paris dressait son beau minaret à une dizaine de stations de métro de là.

De la place du Tertre à Pigalle et aux brasseries de Montparnasse ou de Saint-Germain des Prés, les artistes et les intellectuels, comme les écrivains américains de passage à Paris se retrouvaient avant-guerre.

Après-guerre, ils découvriraient le jazz dans des caves enfumées où Juliette Greco, Boris Vian ou Yves Montand se feraient un nom. Avec eux, Paris était durablement devenue la capitale de l’Amour.

La beauté légendaire de Paris conserva chez l’occupant nazi le peu d’humanité qui lui restait et la ville ne fut pas détruite. Sa modernisation, à la fin des temps des Trente glorieuses se voit avec la Tour Montparnasse, la Maison de la Radio, le Centre Pompidou...

François Mitterrand y ajouta la Cité des Sciences, une Grande Bibliothèque et la Pyramide du Louvre.

Mais le tragique ne quittait pas pour autant la capitale : comme ce sinistre 17 octobre 1961 où on jeta des musulmans à la Seine ou quelques mois plus tard au métro Charonne, quand des manifestants communistes furent tués.

Le pavé parisien, projectile idéal du joli mois de mai 68 qui enflamma le Quartier latin est encore présent ici et là.

Comme le Bataclan où le fanatisme islamiste frappa des innocents un soir de 2015, au cours d’une année qui avait connu une série d’attentats en divers points de la capitale.

L’Histoire et la mémoire sont vivantes dans chaque coin de Paris comme sont bien visibles les marques d’un métissage et d’un mélange des cultures qui vont que sans son cosmopolitisme, Paris ne serait plus Paris.

A sa manière, Paris, est la ville où les luttes communes à tous les peuples se sont réinventées pour résonner dans le cœur de tous les amoureux de la liberté.

Jonathan Kienzlen

À propos de

CR @iledefrance (CA @ONDIF @linstitutPR) ; 1er SF @PSValdeMarne et SNA @partisocialiste ; Dir. vie de la cité @Alfortville_94 ; ex-historien et ex-journaliste (@esjparis) ; Passions non exhaustives : 🏎🏐⚽️🎾🎬🎥📚🎼🐼