Au croisement des indicateurs (2) - IDH et empreinte écologique

Simon-Pierre Dulherm | 26 Mars 2021

Qu'est ce qu'on regarde ? 

Le graphique développé par Aurélien Boutaud (2002) propose une comparaison internationale de la situation de chaque pays à travers une mise en perspective de deux indicateurs : 

  • l'IDH national est une mesure de bien-être développé par l'organisation des Nations Unies afin de surmonter les limites du Produit Intérieur Brut pour refléter la qualité de vie d'un pays. Elle prend en compte 3 dimensions : Santé, Education, Revenus. Le score de chaque pays est représenté sur une échelle allant de 0 (état catastrophique de développement) et 1 (score relatif maximal sur les 3 dimensions).
  • l'empreinte écologique du pays mesure combien l'activité humaine consomme de la capacité régénérative de la biosphère. Elle se définit en termes de surface écologique utile consommée par habitant. 

Aurélien Boutaud, Elaboration de critères et indicateurs de développement durable, Economie et Humanisme, 4. 


Qu'est ce que ça montre ? 

  • Les pays les plus développés (au dessus de la droite horizontale) sont ceux qui présentent l'empreinte écologique par habitant la plus grande
  • Aucun pays à haut niveau de développement ne se place en même temps à gauche de la droite verticale qui est le seuil de régénération de l'environnement : tous les pays à droite de cet axe vertical consomme plus de ressources par habitant que la Terre ne peut en offrir.

Pourquoi c'est intéressant ?

Aucun pays ne présente une croissance soutenable, c'est à dire qui combine un niveau de développement humain avancé, et un impact environnemental suffisamment modéré pour ne pas mettre en péril la biocapacité de la Terre pour les générations futures. 

Cette représentation pose visuellement la question de savoir si la richesse d'un pays n'est pas corrélée à son pouvoir de dégradation/destruction de l'environnement.


Conclusion

L'introduction d'une dimension environnementale dans le calcul du développement humain, par exemple avec l'empreinte écologique aurait pour effet d'altérer le classement international du développement, faisant par exemple passer l'Europe nettement devant les Etats Unis ou le Canada.