Quel avenir pour l'immobilier de bureau dans le 92 et en Ile de France : habitat, co-working ?

Catherine Lime-Biffe & Fatoumata Sow | 26 Janvier 2021

Quelques chiffres peuvent tout d'abord mettre en lumière la réalité de la situation francilienne et altoséquanaise en matière d'immobilier de bureau :

  • Les investissements dans les immeubles de bureaux ont déjà chuté de 41%, selon l’agence Savills ; 

  • 465 000 m² de bureaux avaient été placés dans la région parisienne, contre 538 000 mètres carrés en 2019, à la même période ; 

  • La crise sanitaire du coronavirus a engendré une diminution de 14 % des m² de bureaux placés dans la région. 

Cette situation affecte tout particulièrement le département des Hauts-de-Seine, qui a connu une flambée de l’immobilier de bureau sur l’ensemble de son territoire : La Défense, Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux... Nombreuses sont les villes emblématiques de cette évolution et sont celles qui ont préféré construire des bureaux au détriment du logement.

La tendance à venir ne plaide cependant pas pour des besoins de surface de bureaux tertiaires au regard de l’accroissement du télétravail, du développement du flex office et des contraintes sanitaires. Par ailleurs, la pression sur le logement résidentiel est forte en petite couronne.

C'est pour ces raisons qu'il faut imaginer demain de nouvelles offres concernant l’immobilier d’entreprise qui vont permettre de créer des quartiers plus mixtes, plus vivants et plus écologiques :

  • Une offre plus flexible et accessible pour les jeunes et les créateurs et créatrices d’entreprise et les salarié-e-s en situation de travail à distance. Inciter les entreprises qui ont trop de mètres carrés à en ouvrir à d’autres qui en ont besoin serait à cet égard envisageable ;
  • L’Ile-de-France est une des toutes premières régions en France au niveau industriel et il est aujourd'hui nécessaire de se fonder sur ce savoir-faire et à poursuivre la dynamisation d'une industrie modèle, pour enrayer la baisse structurelle que notre région connait depuis 20 ans. Celle-ci est due pour partie au fait que les entreprises industrielles n’ont plus trouvé leur place notamment en petite couronne et encore davantage dans les Hauts-de-Seine. Nous pensons qu’il est essentiel de renforcer l'immobilier industriel dans notre territoire ; 

  • En matière de transformation d’espaces de bureaux en logements, il est possible de faire des choses, mais sans doute en priorisant sur le bâti qui se prête davantage à une telle transformation, comme par exemple les bureaux de type haussmaniens ou anciens. Le coût de transformation des bureaux récents en logements serait en effet en la matière sans doute trop important ; 

  • Dans la même logique, il est possible de préconiser une réflexion d'ensemble sur la création de tiers-lieux, qui apparaissent être une réponse adaptée à plusieurs défis rencontrés par nos territoires franciliens;