La crise sanitaire, quel impact sur les femmes ?

Yasmine El Jaï | 20 Avril 2021

On reproche souvent aux féministes de ne regarder les questions sociales et économiques que sous le prisme des femmes. C’est pourtant une approche nécessaire tant qu’à chaque crise, les femmes sont plus durement impactées.

Claudine Monteil a immortalisé les propos de Simone de Beauvoir tellement pertinents plusieurs décennies plus tard.


“ N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.”

La crise sanitaire sans précédent que nous vivons depuis 1 an n’y échappe pas.

Les confinements sont des accélérateurs des inégalités femmes - hommes

On aurait pu penser naïvement que les confinements seraient l’occasion d’un rééquilibrage des tâches domestiques et familiales pesant à 80% sur les femmes. Concilier télétravail, l’école des enfants, intendance à la maison a eu des conséquences sur la vie professionnelle des femmes, et donc leur situation économique et sociale.

En temps normal, les femmes consacrent en moyenne 2h12 de plus par jour à ces tâches.

Parmi les parents d’enfants de moins de 16 ans qui ont continué à travailler, 40% des femmes (contre 25% des hommes) indiquaient passer plus de 4h par jour.

Les femmes renoncent plus à travailler

Lors du 1er confinement  21% des femmes se sont arrêtées de travailler pour s’occuper des enfants (12% des hommes).
Les revenus des hommes étant plus élevés que ceux des femmes dans 3 cas sur 4, c’est l’activité de l’homme que les foyers cherchent à préserver.

Les familles monoparentales étant à 80% des femmes, il n’y a pas de possibilité de répartition des tâches. Les mères célibataires ne sont pas concernées par des modes de gardes alternatifs, recourraient en majorité à des arrêts de travail pour garde d'enfant.

430 000 familles en France.

 

L'impact psychologique est plus important pour les femmes

Les femmes déclarent avoir mal vécu les confinements, et plus souvent concernées par l'anxiété, la dépression, les difficultés à dormir...

 

L'impact sur la vie professionnelle à court terme et long terme est plus important pour les femmes

Les femmes ayant dû s'arrêter deux fois plus de travailler que les hommes, elles ont connu un impact sur l’évolution de leur carrière, une diminution des interactions avec collègues, managers mais aussi avec le réseau professionnel.
Ce à quoi s’ajoute l’impact de la crise économique. Elle a déjà d’importante conséquences sur la vie de millions de françaises et français : diminution des révenus, précarisation de l’emploi.

 

Les femmes ont pourtant été en première ligne dans la gestion de la crise

Les femmes sont majoritaires dans les métiers essentiels, ceux qui n’ont jamais cessé d’agir depuis le début de la crise : les métiers du soin et les métiers de la vente.
87% des infirmières, 91% des aides soignantes, 97% des aides à domicile et aides ménagères, 73% des agents d’entretien, 76% des caissières, 71% des enseignants.

Alors tous ces métiers ne se sont pas arrêtés, par rapport à d’autres secteurs, mais ces femmes ont été davantage exposées aux risques parce qu’en contact avec du public. Elles ont été au front dans leur travail et ont assumé en plus un surplus de tâches domestiques et familiales.

 

Et le plan de relance ?

S’ajoute à tout cela un plan de relance dont l’impact n’a pas été pensé en terme de genre. Seuls 7 milliards sur les 35 sont dédiés à des emplois considérés comme féminins.
Les filières soutenues sont hautement compétitives et des secteurs dans lesquels les femmes sont sous représentées (numérique, hautes technologies). Les métiers du soin ont bénéficié d’une timide revalorisation lors du Ségur de la santé.

Enfin, aucune politique d’accompagnement est prévu pour les secteurs précarisés par la crise, où les femmes sont en majorité.

 

Une région avec IDF en commun ne pourra pas engager quelque politique publique que ce soit sans prendre en compte les inégalités entre les femmes et les hommes.

  • Une analyse budgétaire genrée
  • La mixité dans tous les secteurs d’activité doit être une priorité, y compris dans les lieux de décisions et de gouvernance
  • La prévention des violences à tous les âges
Yasmine El Jaï

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