Construire des éco-lycées à taille humaine, résilients, ouverts à différents publics

Marine Rosset | 21 Mars 2021

Nous sommes convaincus que le bâti scolaire participe au climat scolaire dans un établissement et à la réussite des lycéennes et lycéens. 

Investir dans la rénovation des bâtis des lycées est un enjeu éducatif à part entière. D’abord, parce que la beauté d’un bâtiment, d’une architecture, participe à l’attractivité d’un lycée, si bien que mêmes certains collèges ou lycées évités, une fois rénovés et embellis, changent leurs images, et redonnent envie ! Ainsi, si la mixité sociale et scolaire ne peut être uniquement résolue par l’architecture, la qualité du bâti est un facteur favorable qui mérite toute l’attention des décideurs publics. Par ailleurs, rénover le bâti permet souvent de faciliter le travail des agents qui nettoient, et prennent soin quotidiennement l’établissement.

Comme les usages scolaires et les méthodes d’apprentissage ont changé ! C’est pourquoi le programme type des futurs éco-lycées devra répondre aux besoins innovants des équipes éducatives et aux aspirations des lycéennes et lycéens. Nous construirons avec elles et avec eux ce programme-type en concertation et multiplierons les supports d’apprentissages. En effet, en dehors de la salle de classe, des apprentissages peuvent avoir lieu dans la cour de récréation, dans les couloirs, dans un amphithéâtre : diversifier les méthodes et les lieux d’apprentissage contribuent à la réussite de toutes et tous.

Si nos futurs lycées seront bien le support d’un projet pédagogique, nous voulons aussi qu’ils répondent au défi climatique et écologique auquel la Région Île-de-France doit prendre toute sa part. Nous construirons des éco-lycées, c’est-à-dire des lycées plus écologiques, plus résilients et plus verts.

Nous privilégierons les matériaux biosourcés et favoriserons les bâtiments passifs pour éviter la bétonisation et l’énergie grise. 

Nous utiliserons l’énergie naturelle et durable en installant  des panneaux solaires sur les toits des lycées, en usant de l’eau de pluie pour les sanitaires et en laissant toute la place à la lumière naturelle dans les architectures mêmes des lycées.

La classique cour de récréation pourrait être agrémentée d’arbres, de végétaux, de compost pour les détritus de la cuisine, de ruches, de poulaillers, de mares pédagogiques qui peuvent être autant de support d’activités pour les élèves décrocheurs que pour les élèves exclus.

Pour éviter d’utiliser toujours plus de foncier et de dépenser une énergie grise, nous pouvons privilégier de rénover les lycées existants et proposer des extensions si le nombre de lycéens n’est pas au-dessus des jauges pédagogiques que nous aurions nous-mêmes fixées et en fonction des territoires. 

Un grand programme de rénovation thermique des lycées vieillissants pourra être réalisé pour diminuer les émissions de CO2, pour assurer des économies d’énergies et revaloriser les bâtis scolaires déjà existants et vieillissants. 

Enfin, un éco-lycée s’inscrit également dans l’idée d’un partage des espaces en dehors des temps scolaires. En effet, un lycée n’est occupé que 175 jours sur les 365 d’une année, mais privilégier des espaces modulables selon les usages, rendre accessible les espaces sportifs, culturels en dehors des temps scolaires à d’autres usagers, ouvrir les cours oasis le weekend et développer les espaces partagés tels que le CDI, la salle de travail, l’agora, le théâtre participe à la sobriété écologique.

Marine Rosset

À propos de

Conseillère d’arrondissement 5e - CA Scouts et Guides de France - Professeure HGEMC puis CD93 - Co-Secrétaire de section du PS 5ème- Avec @PS75005