Pour le développement de l’apprentissage et de la formation professionnelle

Claude Nava | 18 Mars 2021

Notre système éducatif souffre de la mauvaise image de la formation professionnelle. Elle renvoie à des élèves de faible niveau et peu motivés, ainsi qu’à des métiers sans perspective et mal rémunérés.

Pourtant certains élèves reprennent confiance dans ces formations qui correspondent mieux à leurs attentes et peut leur permettre de faire acte de créativité. Certains métiers offrent des débouchés intéressants qui doivent être mis en évidence.

En 2019, la Région Île de France, a enregistré 92 069 apprentis dont 60 501 entrants (1), en progression de 3,6%.

La formation en apprentissage répond donc à un besoin, à une demande de certains élèves que nous devons prendre en compte. La liste des formations professionnelles est très importante.

Aujourd’hui, les régions n’ont plus la compétence apprentissage, mais elles peuvent intervenir de différentes façons :

1. Par l’accompagnement du développement de l'apprentissage en soutenant, par la majoration des coûts-contrats, les organismes dispensant des formations :

Cet accompagnement doit cependant suivre certaines recommandations.

Propositions :

  • Revoir les critères d’attribution, favoriser les niveaux V et IV ;
  • Encourager les CFA dans le secteur public (à la Région par exemple pour l’accueil d’apprentis) ;
  • Renforcer les enseignements culturels qui constituent un frein aujourd’hui à la poursuite d’études et même à l’obtention d’un emploi ;
  • Favoriser les passerelles CAP-Bac Pro et Bac pro-BTS par une préparation spécifique des apprentis ou des élèves ;
  • Favoriser la mobilité (gratuité des transports, etc.) des apprentis, sécuriser leur parcours (particulièrement aujourd’hui en période de crise).
  • Favoriser et accompagner la mixité dans les filières professionnelles.

2. Par le soutien à l’investissement en termes de locaux, de plateaux techniques et d’équipements (mobilier, matériel informatique…) et d’hébergement, de restauration, de vie scolaire, de sport…).

Propositions :

  • Réaliser un audit des besoins et dresser un plan pluriannuel d’investissement ;
  • Investir dans des outils numériques durables ;
  • Etudier la mutualisation des plateaux techniques entre centres d’apprentissage, lycées professionnels et entreprises.

3. Par l’intermédiaire du Pacte régional d'investissement dans les compétences (PRIC).

Il s’agit de permettre à des jeunes éloignés de l’emploi de construire leur projet professionnel, à travers des formes pédagogiques innovantes, de former des jeunes et des demandeurs d’emplois peu ou pas qualifiés. Nous sommes ici dans une politique de raccrochage de décrocheurs.

Parmi les formes innovantes de formation, Il convient de privilégier aujourd’hui les formes qui intègrent le recours à la « réalité augmentée » ou aux « jeux sérieux » qui rendent l’élève actif et motivé.

Propositions :

  • Définir des critères pertinents pour la sélection des projets en fonction notamment d’innovations pédagogiques « réelles », privilégier ceux qui recourent à la réalité augmentée ou aux jeux sérieux ;
  • Être attentif à la qualité des formations dispensées et aux perspectives d’entrée sur le marché du travail, à mettre en relation avec les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

4. Par une intervention active lors des débats sur la carte des formations professionnelles initiales hors apprentissage (lycées pros)

5. Avec un « Service public régional de l'orientation (SPRO) » efficient.

Il correspond à l’extension des compétences des Régions.

Son intervention est primordiale dès la 6ème et doit encore être renforcée de la 3ème à la terminale des lycées, là où se construisent, ou non, les parcours. Il faut encore que cette information soit accessible simplement et même que cette information aille régulièrement aux intéressés. Parmi ces derniers, on pense naturellement aux élèves. Pourtant, il ne faut pas oublier que les parents sont aussi fortement concernés. En premier lieu parce qu’il s’agit de leurs enfants, mais aussi parce que l’orientation peut avoir des incidences financières importantes (transport, matériel…).

 

L’orientation doit ainsi être un axe important de notre programme.

Propositions :

  • Créer les moyens d’avoir une vision claire des métiers (donc de l’emploi) et de leurs évolutions au niveau de la Région ; ainsi que des parcours de formation ;
  • Améliorer la proximité de l’information auprès des intéressés (élèves et parents), notamment auprès des élèves s’orientant vers une voie professionnelle (ce qui signifie une excellente coordination avec les autres acteurs du SPRO – pôle emploi et missions locales ; CIO ; Services communs universitaires d’info et d’orientation SCUIO) ;
  • Accompagner tous les élèves s’orientant vers une voie professionnelle ;
  • Former le personnel nécessaire afin de mettre en place cette proximité et assurer un suivi régulier des jeunes en formation professionnelle ou s’y préparant ;
  • Construire un partenariat avec des associations locales et favoriser le mentorat ;
  • Valoriser les formations professionnelles en termes d’études et de métiers, s’attacher à modifier l’image de ces formations (produire des plaquettes relatant des expériences personnelles, faire intervenir des professionnels en classe).

 

Claude NAVA, citoyen engagé, cadre retraité de l'Education nationale.

Sources : 

1) Depp, Note d’information n°20.27, septembre 2020