5 ans de dette éducative dans les lycées parisiens

Marine Rosset | 23 Mars 2021

Les lycées parisiens ont grandement souffert du mandat de Valérie Pécresse comme présidente de la Région Île-de-France. 

Une des compétences essentielles de la Région est la rénovation et l’entretien du bâti des lycées. Alors que Valérie Pécresse promettait en 2016 de réduire la durée des travaux par deux, aucun des chantiers nécessaires à l’amélioration des conditions d’étude des lycéens et lycéennes et de travail des enseignants et personnel n’a été réalisé. 

Plusieurs exemples sont emblématiques de cette gestion catastrophique : la reconstruction du lycée Paul Valéry (12e) est à l’arrêt alors qu’il aurait dû être livré à la rentrée 2019 ; les lycéennes et lycéens du Lycée Voltaire n’ont pas pu bénéficier d’une restauration scolaire durant trois ans à cause des retards pris dans les travaux ; le lycée Rabelais a été fermé ; au lycée Turgot (Paris Centre), la réfection d’une salle de sport et du grand gymnase est toujours en attente… 

Le manque d’anticipation de la Région a entraîné également des déplacements de lycéennes et lycéens sans préparation, ni concertation. Ainsi le Lycée Rabelais, fermé en urgence début 2020, provoque la dispersion de 1 500 élèves dans d’autres établissements, ce qui entraîne la montée de tensions et de rixes entre jeunes du lycée Bergson et de Rabelais. De même les lycéens du lycée Gabriel Fauré (13e), toujours en travaux, ont été transférés dans le lycée Lazare Ponticelli dont le sort futur n’est d’ailleurs toujours pas connu. 

La Région est également responsable de voter un budget pour le fonctionnement des lycées, appelé dotations de fonctionnement. Ces dernières n’ont cessé d’être en baisse depuis l’arrivée de Valérie Pécresse et ont en moyenne perdu 10 euros par élèves et par an sur les 6 dernières années. Autant de moyens perdus pour les professeurs pour mener des projets, réaliser des sorties, des voyages ou obtenir du matériel pédagogique supplémentaire. 

Aucune aide additionnelle pour les lycées n’a d’ailleurs été apportée lors de la crise sanitaire alors que des dépenses exceptionnelles ont dû être réalisées par les chefs d’établissement. 

La politique de distribution de tablettes et d’ordinateurs aux élèves voulue par Valérie Pécresse, qui représente 180 Millions d’euros par an d’argent public, n’a pas été accompagnée de formations numériques afin que les équipes enseignantes s’en emparent. Si bien que ce matériel, qui parfois dysfonctionne, peu ou pas utilisé par les professeurs, et dont la maintenance et l’assurance sont à la charge des élèves, est loin d’être une réussite. Par ailleurs, cet investissement ne peut cacher l’absence de moyens humains et financiers pour maintenir les parcs informatiques des lycées et pour raccorder les lycées au réseau WIFI.

Enfin, au-delà des fermetures de la restauration scolaire du Lycée Turgot pour insalubrité, et alors que les familles parisiennes le réclament de plus en plus, de trop faibles efforts ont été réalisés pour accélérer la mise en place de repas bio et en circuits courts. 

Elu.e.s en juin prochain, nous apporterons des réponses rapides aux rénovations des lycées  parisiens afin d’améliorer concrètement les conditions d’étude des élèves, donnerons à tous les lycées les moyens de mener les projets pédagogiques en lien avec leur projet d’établissement et développerons une restauration bio et issue des circuits courts. 

 

Marine Rosset

À propos de

Conseillère d’arrondissement 5e - CA Scouts et Guides de France - Professeure HGEMC puis CD93 - Co-Secrétaire de section du PS 5ème- Avec @PS75005