#LycéesEnBerne contre la dette éducative de Pécresse

Atelier Education d'Île-de-France en commun | 15 Mars 2021

Ile-de-France en commun lance l'opération #LycéesEnBerne. En effet, quand on se penche la dette éducative laissée par Pécresse, les lycées ont de quoi être en berne ! Lors de cette opération, filmez-vous devant votre lycée, dites-nous ce qui ne fonctionne pas et invitez les lycéennes et les lycéens autour de vous à faire de même !

La dette éducative laissée par Pécresse que vont payer les lycéennes et les lycéens d'Île-de-France, c'est : 

1. Des budgets en baisse pour le public, mais en hausse pour le privé 

Depuis 2015, l'effort financier de la Région en faveur des lycées est progressivement réorienté vers les lycées privés : 

  • Des lycées à la diète avec une baisse moyenne des budgets de 20€ par élève depuis le début de la mandature. 85% des lycées ont été impactés (avec des crédits en baisse) par la réforme Pécresse des budgets de fonctionnement des lycées.
  • 24 millions d'euros ont servi à valoriser le patrimoine foncier des établissements privés. La part des dotations régionales allant vers les lycées privés est passée de 20% à 50% entre 2014 et 2020.

2. Des bâtiments qui se détériorent et aucune livraison de nouveaux lycées

Malgré les annonces de Pécresse en la matière, la rénovation des bâtis existants et la construction de nouveaux lycées n'avancent pas :

  • Aucun chantier prévu en 2017 n’est terminé à l’heure actuelle, au mieux 2 le seront.
  • 15 grands chantiers prévus n’ont même pas démarré.
  • 2 lycées sont en voie d’achèvement mais ont été réalisés en partenariat public privé, avec un surcoût de l’ordre de 40%.
  • Sur 20 600 places supplémentaires prévues sur 10 ans, 5 000 n’ont même pas été réalisées sur cinq ans. Cela n’empêche pas Valérie Pécresse de prétendre cette année pouvoir rajouter encore 9 000 places supplémentaires d’ici 2027… Il va ainsi manquer 9 000 places supplémentaires d’ici 2027 dans les lycées. 
  • En 2019, Valérie Pécresse promet un « plan toilettes » de rénovation des sanitaires qui serait achevé en deux ans. 125 lycées devaient obtenir une rénovation de leurs sanitaires d’ici 2021. Bilan : Seuls 28 établissements en ont bénéficié sur un an et demi.
  • Les élus locaux, comme les associations de parents d’élèves dénoncent l’absence de concertation dans les projets de travaux. La Région est pourtant régulièrement épinglée pour des travaux mal conduits. Les élus régionaux de la majorité de Valérie Pécresse membres des conseils d’administration des lycées ne viennent presque jamais écouter ce que enseignants, parents ou élèves ont à dire.

3. Des conditions d'enseignement qui se dégradent

Depuis 2015, le corps enseignant, les lycéennes et les lycéens travaillent parfois dans des bâtiments pas chauffés en hiver, inaccessibles pour les personnes en handicap. Et les postes de leurs collègues médiateurs ont été supprimés.

  • La rénovation thermique des établissements est au point mort : Valérie Pécresse a abandonné la rénovation de 21 d’entre eux, qui étaient censés en profiter grâce à un partenariat public privé.
  • Un autre point noir de l’investissement régional dans les lycées est celui de la mise en accessibilité des établissements. Aucun chiffre ne nous est donné malgré les exigences de la loi de 2015. Valérie Pécresse a refusé à l’opposition de mettre en open data la liste des lycées accessibles, pourtant régulièrement demandée par des personnes en situation de handicap.
  • Sur le plan de la sécurité aussi, l’échec est Valérie Pécresse a supprimé les postes de médiateurs. Elle n’a pas pu tenir sa promesse irréaliste d’installation de portiques de sécurité et de tests salivaires pour le cannabis. La multiplication des caméras déplace les problèmes mais ne les empêche pas. Les “brigades de sécurité” régionales sont un coup de communication. Elles ne font que déplacer la violence à l'extérieur du lycée. Le phénomène actuel de rixes illustre ce constat. Pour diminuer la violence chez les jeunes, il faut sensibiliser, accompagner, écouter. Seuls des médiateurs peuvent faire ce travail !
  • Rien n’a été fait en anticipation de la 2e vague du covid alors même que la communauté scolaire et l’opposition de gauche régionale alertaient sur la situation.

4. Le manque de vision sur la politique éducative et la croyance que le numérique est la solution à tout

Face à des enjeux exigeant une vision telle que le décrochage scolaire ou le numérique éducatif, Pécresse a misé sur le "tout-numérique", laissant de côté les décrocheurs, le corps enseignant, et les élèves.

  • La lutte contre le décrochage et pour la réussite des élèves selon Valérie Pécresse, c’est l’assèchement des financements des missions locales (24M€ en moins sur la mandature), l’abandon du tissu associatif, la fin des emplois tremplin et le remplacement des politiques de terrain par une plateforme numérique d’appel des décrocheurs, qui coûte cher et qui dysfonctionne.
  • La distribution de matériel numérique est un des fiasco du mandat de Pécresse : 180 millions d'euros ont été engagés pour les tablettes et ordinateurs qui ne sont pas utilisés en classe et n’ont pas fait l’objet des mesures d’accompagnement et d’aménagement nécessaires. La Cour des comptes et le CESER ont tous deux mis en exergue les limites de cette politique visant uniquement à équiper en matériel. Elle représente le coût de 5 lycées neufs.

5. Une gestion RH visant uniquement la réduction des effectifs

La gestion des personnels des lycées relevant de la Région ne tient pas compte de la pénibilité de leur travail, et vise uniquement à en réduire les coûts.

  • Faute de recrutements suffisants, les personnels techniciens d’entretien et de cantine sont épuisés. Ils sont souvent âgés, ont des pathologies liées à la difficulté physique de leur métier et sont en nombre trop réduit.
  • La Région leur a acheté de nouveaux chariots de ménage ergonomiques… mais aux frais des établissements, sur leurs budgets déjà réduits.

Tout au long du mois de mars, n'hésitez pas à vous filmer devant votre lycée, dites-nous ce qui ne fonctionne pas et invitez l'ensemble de la communauté éducative à faire de même !