Face au discours tout sécuritaire de la droite régionale, place aux moyens alternatifs !

Nesrine Rezzag Bara | 17 Mars 2021

La sécurité est un enjeu primordial pour les Franciliennes et les Franciliens et les récents faits divers qui se sont déroulés dans plusieurs communes de notre région (Boussy Saint-Antoine, Bondy, Champigny-sur-Marne, Argenteuil…) doivent non seulement nous interpeller mais également nous inciter à apporter des propositions fortes et concrètes, vis-à-vis de notre jeunesse, loin de tout simplisme et/ou convenance idéologique. La position récente de Valérie Pécresse a malheureusement confirmé nos craintes d’une approche dogmatique puisque dans Le Parisien du 14 mars dernier, la présidente sortante de la Région Ile-de-France a notamment proposé de rendre obligatoire l’armement (à feu) de la police municipale dans les villes de plus de 10 000 habitants ainsi que le conditionnement des aides municipales facultatives à certaines familles.

Les déclarations de Valérie Pécresse illustrent un manque criant de lucidité quant à la réalité de nos concitoyennes et concitoyens  ainsi que leurs attentes en matière de sécurité et de prévention. Durement frappés par une crise sanitaire qui n’en finit pas, les Franciliennes et les Franciliens – en particulier les plus fragiles d’entre nous – ne peuvent être les probables victimes d’une politique du tout-sécuritaire et du tout-répressif, souhaitée par la droite francilienne, inefficace et injuste à terme. Pire, une éventuelle obligation des communes à équiper leurs policiers municipaux d’armes létales constituerait un dangereux précédent, marqué par la tentation, toujours aussi vive, de l’Etat de se désengager encore un peu plus de nos territoires, laissant les maires seuls assumer une bien lourde responsabilité. Cette vision fait écho à la stratégie menée par le Conseil départemental qui, dans le budget 2020, a augmenté la part – déjà conséquente, vu les résultats mitigés – qu’il consacre à la vidéo-protection.

Les comportements délinquants et les actes d’incivilités qui empoisonnent tant notre vivre-ensemble, doivent être combattus sans relâche et sans aucune concession. A ce titre, les communes, bien souvent au-delà de leur champ de compétences, mettent continuellement en œuvre des mesures innovantes en privilégiant la médiation et la prévention au cœur de leur stratégie. Dans les Hauts-de-Seine, plusieurs majorités de gauche ont adopté une telle approche avec le concours des habitants. La mise en place, par exemple, des médiateurs de nuit sur plusieurs quartiers de Nanterre ou encore celle en œuvre de la Stratégie Territoriale de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (STSPD) à Gennevilliers – qui vise à mieux répondre aux besoins des populations et d’agir dès les premiers signes de rupture, notamment l’absentéisme et le décrochage scolaires – sont autant de leviers qu’il convient de mentionner, de mettre en avant et de développer à l’échelle de notre région. Un positionnement à l’opposé de celui du Conseil Départemental qui, depuis des années, délaisse l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) et ne consacre que très peu de moyens humains, matériels comme financiers à la prévention de la délinquance.

Face au discours tout sécuritaire de Valérie Pécresse, et à une droite départementale qui fuit ses responsabilités, nous affichons un soutien entier aux élus locaux qui seront au cœur d’une réflexion ainsi que d’une stratégie régionale qui porteront sur des moyens alternatifs de prévention de la délinquance et de lutte contre les actes d’incivilités tel que le développement d’outils de médiation au service des Franciliennes et des Franciliens ainsi que de leur bien-être, avec l’implication pleine et entière de l’Etat à travers ses devoirs et ses obligations.

C’est la condition nécessaire pour garantir à tous un environnement sain, dynamique et vertueux.

Nesrine Rezzag Bara

À propos de

Adjointe au maire en charge de la sécurité , de la prévention et de la médiation @VilleNanterre secrétaire de section du Parti socialiste @Nanterre