Contrat de plan État - Région : 4 désillusions et trop de communication

Youcef Bouabdallah | 09 Mars 2021

Jeudi 4 mars, Valérie Pécresse signait pour le compte du Conseil Régional le CPER 2021-2027.

Le Contrat de Plan État-Région (CPER) est un document essentiel pour l’avenir des franciliennes et des franciliens. C’est le document qui engage l’État, le Conseil Régional, les Départements et les Communes sur des investissements lourds, structurants pour l’avenir de la Région. Typiquement, les grands investissements sur les transports en commun, les nouvelles lignes, les nouvelles gares, les nouveaux matériels roulants mais aussi l’enseignement supérieur et la recherche, la culture, le développement économique….

Alors que notre pays est plongé dans une crise sanitaire qui dure, dans une crise économique qui n’a pas encore révélé sa pleine ampleur, que la première région française doit faire face à une crise écologique sourde mais bien là. Ce contrat revêt, au-delà de ses aspects techniques, une vision de l’avenir et une stratégie pour la préparer.

Première des désillusions, l’État et Valérie Pécresse précipitent la signature d’un document qui ne contient que des orientations sans projets concrets alors que le précédent contrat de plan arrivait à échéance le 31 décembre dernier. Le prochain sera opérationnel au mieux dans 1 an. Nous aurions dû avoir un contrat de plan signé depuis des mois et mise en oeuvre dès janvier 2021. Il risque, malheureusement de se passer encore des années avant que les projets émergent.

Deuxième désillusion, on précipite la signature d’un document sans aucune concertation avec les Départements et les Communes pourtant grands contributeurs financiers du CPER et élus en première ligne de la crise sanitaire et sociale.

Au-delà, l’ambition même de ce contrat est également une grande désillusion. La Chambre régionale des comptes avait, déjà, épinglé la manière dont Valérie Pécresse investissait dans l’avenir de la région, en soulignant que près d’1 milliard d’euros d’investissement annoncé et voté en séance n’avait pas été réellement investi dans la mandature.

Il est prévu dans les orientations du futur CPER un engagement conjoint Région/État de 5,2 milliards d’euros… alors que le précédent, celui préparé et voté par la majorité socialiste, écologiste et communiste s’élevait à 7 milliards d’euros, les seuls engagements « transports » avec 5,3 milliards d’euros dépassait le montant total actuel.

En pleine crise économique Valérie Pécresse et l’État décident de décélérer, de réduire le rythme des investissements d’avenir. Par exemple, alors que le monde de la culture vie une crise sans précédent, le CPER y consacre 100 millions d’euros sur 6 ans soit à peine le budget d’investissement de la Région.

Enfin dernière désillusion, cette signature était l’occasion de re-annoncer le plan de relance, on aurait pu attendre là aussi des nouveaux projets, de nouvelles façons de soutenir les entreprises et les emplois franciliens… mais non, rien de nouveau, on recompile des investissements prévus avant la crise Covid et on re-valorise les aides construites avec l’État et l’Europe.

Rien ou presque n’est prévu pour les secteurs les plus fragilisés par la crise : la culture, l’hôtellerie la restauration, le tourisme qui représentent pourtant une part importante de l’emploi francilien.

À l'image de son très long mandat, la déception était l’invitée d’honneur de la signature du 4 mars.