"Je suis candidate à la Présidence de la Région Ile-de-France"

Audrey Pulvar | 26 Janvier 2021

Cette fois-ci, elle se lance officiellement. L'ex-journaliste Audrey Pulvar annonce sa candidature à la présidence du conseil régional d'Ile-de-France. L'adjointe d'Anne Hidalgo, maire (PS) de Paris, livre aussi plus de détails sur la gratuité progressive des transports en commun qu'elle défend et ses mesures pour soutenir les jeunes en difficulté.

Vous êtes en précampagne depuis plusieurs mois. Quand serez-vous officiellement candidate aux régionales en Ile-de-France ?

AUDREY PULVAR. Je suis officiellement candidate à la présidence de la région Ile-de-France, aujourd'hui. J'ai lancé à la fin de l'été le mouvement Ile-de-France en Commun avec pour projet de réaliser un rassemblement des forces de gauche et de personnalités engagées de la société civile. Ce rassemblement a eu lieu puisque le Parti socialiste, le Parti radical de gauche, Place Publique et Allons enfants nous ont rejoints. Quelque 300 personnes participent à nos groupes de travail. Nous avons beaucoup de propositions pour sortir de la politique de Valérie Pécresse qui est celle de l'ancien monde. Je suis prête !

Avez-vous plus de détails sur votre projet phare de gratuité des transports en commun en Ile-de-France ?

Nous proposons un calendrier pour la mise en œuvre progressive de cette mesure qui répond à la fois à la justice sociale et à l'urgence climatique. En septembre prochain, elle concernera d'abord les moins de 18 ans, les étudiants et les demandeurs d'emploi de moins de 25 ans. En septembre 2022, ce sera au tour des bénéficiaires des minima sociaux, des personnes en situation de handicap et des personnes âgées titulaires de la carte Améthyste. En septembre 2023, nous le ferons pour les demandeurs d'emploi, sans conditions de ressources, mais aussi pour tous les Franciliens le week-end, les jours fériés et en période de vacances scolaires. Et enfin en 2026, pour tous les Franciliens.

Vos concurrents critiquent le fait que vous voulez la financer par des taxes que la région ne peut pas lever ?


Ils manquent de vision et d'ambition. La gratuité totale est évaluée entre 2,2 milliards et 3,5 milliards d'euros supplémentaires si l'on prend en compte le déploiement du Grand Paris Express. Sauf qu'elle va générer aussi la disparition de coûts immenses dus à l'accidentologie, aux livraisons en retard, aux heures de travail perdues, aux maladies liées à la circulation automobile (stress, maladies cardio-vasculaires, troubles du sommeil)… En ce qui concerne les taxes, il faudra lever des obstacles institutionnels par le dialogue avec le gouvernement. Je veux reposer la question de la fiscalité régionale. Il faudra aller au charbon, il faudra de la volonté politique. D'ailleurs, je proposerai aux autres exécutifs régionaux la tenue d'Assises de la fiscalité régionale.

Quelles sont vos autres mesures sociales ?

Nous voulons innover pour les jeunes, qui souffrent particulièrement. Nous voulons mettre en place pour les 18-25 ans un « Passe unique Jeune Francilien.ne » qui centralisera l'ensemble des aides départementales, régionales, gouvernementales, notamment les APL (NDLR : Aides pour le logement) auxquelles ils peuvent prétendre. La région doit jouer un rôle de coordinateur. Par ailleurs, je fais partie de ceux qui défendent l'idée d'un RSA étendu pour les 18-25 ans, que le gouvernement écarte. S'il était finalement élargi, je proposerai que la région, avec les départements et les communes, verse un complément de RSA d'un montant de 150 euros par mois aux 100 000 jeunes les plus en difficulté en Ile-de-France. Cela coûterait 180 millions d'euros par an.

Julien Bayou dit aux Franciliens que s'ils veulent de l'écologie, ils doivent voter EELV. Que leur répondez-vous ?

L'écologie n'est pas l'apanage d'Europe Ecologie-les Verts. Ma vision de l'écologie passe par le prisme de la justice sociale. Je considère notamment qu'il est irresponsable et injuste de refuser la construction de logements sociaux au nom de l'écologie alors qu'en Ile-de-France, il y a près de 750 000 personnes en attente d'un logement social.

Les difficultés d'Anne Hidalgo avec les élus écologistes de sa majorité municipale ne vous facilitent pas la tâche pour les régionales. Est-ce qu'une alliance avec les écologistes est tout de même possible ?

Il faudra aplanir certains désaccords, en particulier sur les questions fondamentales comme la laïcité. Mais je ne doute pas que nous parvenions à trouver un chemin commun s'il faut faire barrage à la droite de Valérie Pécresse et de La République en marche.

Vous êtes ancienne journaliste, élue à la mairie de Paris seulement depuis six mois. Vous sentez-vous qualifiée pour diriger la plus grande région de France ?

On reproche aux élus d'être des professionnels de la politique et quand des personnalités de la société civile s'engagent, on leur reproche leur manque d'expérience. Ce sera aux Franciliens et aux Franciliennes de décider. Mon engagement au service de l'intérêt général ne date pas d'il y a six mois.

Certains présentent votre démarche comme un test pour la candidature d'Anne Hidalgo à la présidentielle. Est-ce que cela n'est pas un handicap d'être vue comme un simple marchepied ?

(Rires) Je me suis déjà fait traiter d'alibi, de noire de service mais pas encore de marchepied… Anne Hidalgo n'a pas besoin de moi pour devenir présidente de la République, ce que je souhaite d'ailleurs qu'elle devienne. Pour ma part, je conduis cette liste pour qu'Ile-de-France en Commun, et plus largement la gauche, remporte cette élection, pour améliorer la vie des Franciliennes et des Franciliens.

Etes-vous favorable à un nouveau report des élections régionales ?

Je préférerais pour la démocratie qu'elles se tiennent à la date prévue (NDLR : les 13 et 20 juin). Si pour des raisons sanitaires le scrutin devait être reporté, je souhaite que la décision soit prise en concertation avec les différents partis politiques et les deux chambres parlementaires.
Photo : LP/Philippe de Poulpiquet
Interview à retrouver dans Le Parisien
Audrey Pulvar

À propos de

ÉcoFéministe à vélo/en métro. Adjointe d’@Anne_Hidalgo. Délégation Agriculture, Alimentation Durable, Circuits Courts de Proximité. #Climat #Biodiv #Paris 🌿🌍