Redonner de l’espoir à la jeunesse de Seine-et-Marne

Louis-Samuel Pilcer | 17 Mars 2021

Âgés de moins de 30 ans, venant de différentes communes de Seine-et-Marne, nous voyons autour de nous des jeunes confrontés aux difficultés de la crise sanitaire : entrée difficile dans la vie active, cours à distance, vie sociale réduite, risque d’isolement … Des centaines d’étudiants franciliens ont défilé dans les rues de Paris le mercredi 20 janvier, et une nouvelle fois le mardi 16 mars en présence d’Audrey Pulvar, pour dénoncer la précarité croissante dans laquelle se trouve notre jeunesse. Et notre département, qui compte plusieurs sites universitaires, n’est pas épargné.

Au niveau régional, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A de moins de 25 ans a augmenté de près de 25% entre le 3ème trimestre 2019 et le 3ème trimestre 2020. Ce sont 15 000 jeunes franciliens supplémentaires qui cherchent un travail et l’inaction conjointe des majorités nationale et régionale y contribue malheureusement.

La jeunesse de Seine-et-Marne souffre. Et pourtant, nous sommes nombreux à vouloir reprendre espoir et à vouloir agir pour construire une Ile-de-France plus citoyenne, plus solidaire, plus écologique. Pour nous, Ile-de-France en Commun incarne l’espoir pour notre Région.

Au cœur des compétences de la Région, se trouvent les lycées, la formation et les transports. Ce sont des enjeux essentiels pour les jeunes franciliens et les jeunes seine-et-marnais.

Et pourtant ! Pendant 6 ans, Valérie Pécresse a délaissé la jeunesse francilienne. Un reportage montrait récemment l’état de vétusté du campus scolaire de Coulommiers, plus grand lycée d’Ile-de-France né de la fusion des lycées Jules Ferry et Georges Cormier en 2017. Murs qui se morcellent, fuites d’eau, …, le sous-investissement était si flagrant que la présidente de la Région Ile-de-France a été forcée de se rendre sur place mi-janvier, la pétition en ligne réclamant des « conditions d’études dignes » pour les élèves ayant recueilli près de 3 000 signatures. Ce n’est malheureusement pas le seul lycée dans ce cas, et les absences quasi systématiques des conseillers régionaux de la majorité aux conseils d’administration des lycées dont ils font pourtant partie les empêchent de constater par eux-mêmes les besoins en entretien et en rénovation.

Ce sous-investissement dans les lycées franciliens est un exemple parmi d’autres. En matière de formation professionnelle, nous avons besoin d’une région présente au moment où plus de 110 000 seine-et-marnais recherchent un emploi. L’offre de formation mérite d’être développée. Il en va ainsi de la filière touristique qui emploie près de 30 000 personnes dans notre département. C’est également le cas en matière agricole pour laquelle il n’existe que deux centres de formation d’apprentis spécialisés sur l’agriculture en Seine-et-Marne, alors que cette filière devra pourvoir des milliers d’emplois supplémentaires liés à la transition écologique de notre modèle agricole.

L’accès des étudiants seine-et-marnais à l’enseignement supérieur constitue là aussi un enjeu majeur pour notre Région et notre Département. Saviez-vous que le taux d’accès des bacheliers seine-et-marnais à l’enseignement supérieur est très sensiblement inférieur au taux national ? Cette inégalité a des causes multiples : établissements d’enseignement supérieur en nombre insuffisant sur le territoire, difficultés d’accès au logement, temps de transport … Tous ces aspects doivent être traités.

Pour nous, jeunes seine-et-marnais, la mobilité est bien sûr un enjeu de premier plan. Malheureusement, les transports franciliens ne sont pas à la hauteur. A l’exemple de cet étudiant qui habite à Fresnes-sur-Marne et qui peut avoir un trajet de 1h15 pour étudier sur le campus de Marne-la-Vallée, contre 1h30 pour se rendre à Paris ou de cet étudiant de Chelles qui doit passer par Paris s’il veut étudier à Lieusaint.

La Région dispose de leviers conséquents pour remettre la Seine-et-Marne et ses habitants au cœur de l’Ile-de-France et nous redonner espoir à l’heure où la crise sanitaire nous contraint tous. Nous avons besoin d’une région écologique car tournée vers l’avenir. Nous avons besoin d’une Région solidaire qui lutte contre les inégalités sociales et territoriales. Nous avons besoin d’une Région citoyenne qui parie sur notre créativité.

Nous, jeunes seine-et-marnais, avons besoin d’une Ile-de-France en Commun qui investit dans sa jeunesse. En proposant un « Pass unique Jeune Francilien.ne » et en soutenant l’idée d’un RSA jeunes étendu aux 18-25 ans, Audrey Pulvar montre qu’elle place la jeunesse au cœur des ses préoccupations.

 

Louis-Samuel Pilcer (25 ans, Melun) – Baptiste Vanwesemael (27 ans, Courtry), Nohella Ouhamou (23 ans, Voisenon)

Louis-Samuel Pilcer

À propos de

Économiste, Trésorier fédéral du MJS de Seine-et-Marne